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À partir de la fin des années 1980 et surtout des années 1990, les organismes multilatéraux – notamment la Banque mondiale à la suite de son aggiornamento – réorientent leur activité autour de politiques sociales de lutte contre la... more
À partir de la fin des années 1980 et surtout des années 1990, les organismes multilatéraux – notamment la Banque mondiale à la suite de son aggiornamento – réorientent leur activité autour de politiques sociales de lutte contre la pauvreté : l’enjeu est de contrebalancer les effets jugés a posteriori néfastes des politiques d’ajustement structurel de la « décennie perdue » selon les mots du PNUD. C’est dans ce contexte qu’on assiste au Mexique à une systématisation des politiques d’administration de la pauvreté, qui concernent majoritairement les populations indiennes du fait des constructions statistiques, et passent par la production d’indicateurs de développement dans la lignée de l’IDH inspiré par Amartya Sen et diffusé par le PNUD depuis 1990. Cet article cherche à étudier les politiques de quantification aux mains d’un système expert auquel participent acteurs nationaux (économistes, statisticiens d’État) et acteurs internationaux (des organismes multilatéraux de développement) qui contribuent à construire l’impuissance des « pauvres » que sont les populations indiennes, au nom d’une rationalité chiffrée, et pourtant masquent les rapports de pouvoir et la manière dont les différents acteurs donnent un sens au « développement des Indiens ».
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« On ne fait pas de politique ! » Cette revendication commune aux organisations internationales (OI) est au cœur du questionnement développé ici. L’analyse comparée entre le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le... more
« On ne fait pas de politique ! » Cette revendication commune aux organisations internationales (OI) est au cœur du questionnement développé ici. L’analyse comparée entre le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) permet, dans un premier temps, de s’interroger sur la dépolitisation, entendue ici comme une entreprise politique de technicisation produite par les OI, qui s’incarne dans des assemblages de pratiques volontairement présentées comme hors du politique : interprétation et problématisation techniques ; diffusion d’une vision apolitique du travail des OI ; intervention et assistance techniques qui positionnent les OI en experts « neutres » de leur champ. Elle conduit, dans un second temps, à mettre au jour les effets parfois inattendus de ces assemblages de pratiques hétérogènes : contournement des débats bureaucratiques et politiques ; neutralisation au profit du maintien d’un statu quo ; monopolisation d’un champ d’action, avec le soutien, au moins tacite, des États membres. Ce faisant, elle contribue à une meilleure compréhension de la perpétuelle tractation entre le politique et le technique au sein des OI.
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Largement critiquées pour avoir imposé des programmes de développement dans les pays dits du Sud dans les années 1970-1980, les organisations internationales de développement adoptent dans les années 1990-2000 une approche participative... more
Largement critiquées pour avoir imposé des programmes de développement dans les pays dits du Sud dans les années 1970-1980, les organisations internationales de développement adoptent dans les années 1990-2000 une approche participative du développement. L’ensemble des institutions et des acteurs du développement semble converti à l’idée « du pauvre d’abord ». Peut-on qualifier pour autant cet engouement de « tournant participatif mondial » dans les arènes internationales ? À partir de l’analyse de la littérature grise produite par la Banque mondiale et le PNUD et d’un programme de développement participatif du PNUD mis en œuvre sur le terrain mexicain, cet article propose d’analyser le rôle d’acteurs spécifiques et des instruments qui font circuler l’argumentaire participationniste et les représentations qui y sont liées au sein des organisations internationales de développement ainsi que les moyens qui sont utilisés au service de la production de la norme participative au sein de ces espaces. Explorer les dynamiques circulatoires du développement participatif permet de retracer l’évolution des modalités d’intervention des organisations internationales et de lever le voile sur le renforcement de puissantes arènes internationales à travers l’intégration de l’approche participative dans leurs interventions de développement.
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À partir d’une lecture croisée des articles rassemblés dans ce dossier, cette introduction interroge l’existence d’un « tournant participatif mondial » en analysant les dynamiques transnationales de circulation verticale (de... more
À partir d’une lecture croisée des articles rassemblés dans ce dossier, cette introduction interroge l’existence d’un « tournant participatif mondial » en analysant les dynamiques transnationales de circulation verticale (de l’international vers le national ou le local) et horizontale (territoires entre eux, acteurs appartenant aux mêmes espaces institutionnels et sociaux) de l’ingénierie participative. En situant l’analyse de ces dynamiques circulatoires au croisement des travaux de sociologie et d’anthropologie (circulation des formes démocratiques et sociologie fine des acteurs de la circulation), de sociologie des sciences (circulation des innovations) ainsi que ceux de science politique (transnationalisation des politiques publiques), cet article invite d’une part à relativiser la dimension coercitive exercée par les organisations internationales développée par les approches critiques de la « tyrannie » de la participation. D’autre part, à rebours d’une vision trop déterministe qui fait de l’appropriation du discours et des pratiques participatives par les acteurs locaux le signe mécanique de leur adhésion à la rhétorique participative, l’article met en exergue la pluralité des investissements, plus ou moins intéressés, dans la participation. Enfin, la valorisation systématique de « bonnes pratiques » et d’expériences modèles dans les processus circulatoires étudiés conduit à mettre l’accent sur le rôle des réseaux professionnels et les usages stratégiques de l’international dans le cadre de la compétition entre les territoires.
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L’indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a marqué une première inflexion dans la conception du « développement » au sein des organisations internationales (OI). Elle trouve son... more
L’indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a marqué une première inflexion dans la conception du « développement » au sein des organisations internationales (OI). Elle trouve son origine dans les critiques des indicateurs de pauvreté, qui, jusque là, ne prenait en compte que la dimension monétaire. Depuis sa création en 1990, l’IDH a toutefois fait l’objet de critiques qui mettent en évidence les limites désormais connues de l’indicateur. Plutôt que de les examiner dans leur ensemble, nous considérerons que le PNUD a ouvert un espace de réflexion sur la mesure du développement humain. Si les perfectionnements statistiques ont pu rendre complexes leur compréhension et leur comparaison, ils témoignent néanmoins de la capacité de l’agence onusienne à réviser ses choix méthodologiques et à remettre en question sa propre production institutionnelle pour la perfectionner. La diffusion de la mesure du développement humain comme bonne pratique transposée aux populations autochtones suppose son caractère transférable d’un espace institutionnel à un autre, et d’un domaine général (le développement humain) à une question spécifique (la question autochtone). On entend ici par « bonne pratique », une catégorie mobilisée par les acteurs onusiens pour qualifier la mesure du développement humain en tant que méthode éprouvée et légitime de l’action de développement.  Dans une perspective de sociologie politique de l’international, on peut penser que la circulation du concept de développement humain et de sa mesure appliquée à la question autochtone ne reflète pas seulement des processus d’« apprentissage » d’une idée et de pratiques onusiennes via des acteurs nationaux uniquement soucieux de se conformer aux standards internationaux. Au contraire, en considérant que de telles pratiques peuvent être soumises à des appropriations singulières propres aux acteurs impliqués dans ce phénomène circulatoire, nous suggérons que ces acteurs s’emparent de la mesure du développement en fonction des espaces institutionnels, professionnels et politiques auxquels ils appartiennent. C’est cette fabrique de la mesure du développement, comme savoirs d’experts normalisés, entre science, expertise et décision politique, au sein des espaces institutionnels et politiques concernés (et les acteurs qui les composent) que ce chapitre propose d’étudier.
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Titre complet : Les paradoxes du développement. Sociologie politique des dispositifs de normalisation des populations indiennes au Mexique. Issu d’une longue enquête ethnographique menée entre 2009 et 2012, l’ouvrage propose une... more
Titre complet : Les paradoxes du développement. Sociologie politique des dispositifs de normalisation des populations indiennes au Mexique.

Issu d’une longue enquête ethnographique menée entre 2009 et 2012, l’ouvrage propose une sociologie critique des politiques de développement qui concernent les populations indiennes du Mexique depuis la fin des années 1990. Ce sont les ambigüités et les contradictions des discours, des instruments et des pratiques du développement, qui entre savoir et pouvoir, produisent des effets contradictoires que Raphaëlle Parizet tente de restituer : plus complexe qu’un impérialisme imposé « par le haut », le développement renvoie à des pratiques institutionnelles, sociales et politiques, paradoxalement exclusives et inclusives des populations concernées, entreprises par une diversité d’acteurs dans une perspective volontariste de changement social des représentations, des conditions de vie et des pratiques des individus et des groupes de population.

Les questions soulevées dans l’ouvrage renvoient aux enjeux posés par l’identification du politique : enjeu pour les politiques publiques, observées ici à travers le travail de dépolitisation mené par les institutions de développement nationales et internationales, enjeu pour les populations gouvernées, qui peuvent résister à ces processus ou au contraire se les approprier ; enjeu scientifique, notamment pour l’identification du politique là où les acteurs observés cherchent à l’éviter. Pour la science politique, l’ensemble relève d’interrogations fondamentales relatives au processus de gouvernement à « l’art de gouverner » les populations.

« Dans la richesse des hypothèses proposées dans cet ouvrage, on retiendra deux contributions importantes. La première porte sur l’élaboration des formes de l’expertise savante à partir desquelles sont problématisées les questions sociales ou économiques associées à l’indianité. La seconde contribution majeure du livre porte sur les effets locaux des politiques de développement. L’enquête menée dans la région du Chiapas montre bien que les instruments participatifs, valorisés par les acteurs internationaux comme l’une des clés d’un développement “autocentré”, sont des technologies politiques servant tout autant les institutions de développement que les populations locales.

L’ouvrage de Raphaëlle Parizet croise une diversité d’approches : l’analyse historique des stratégies indigénistes d’État, une sociologie de la production des savoirs experts et des statistiques, et une socio-anthropologie de l’action publique attentive aux pratiques du développement et aux représentations communautaires. Tout l’intérêt du livre est de montrer que la question indienne est problématisée comme un enjeu de développement, à partir de stratégies d’énonciation s’appuyant sur des productions savantes ».  Olivier Nay
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Associant une perspective de sociologie critique et de socio-anthropologie du développement, cet article analyse les dispositifs de développement participatif destinés aux populations autochtones dans le cadre de l’accompagnement de... more
Associant une perspective de sociologie critique et de socio-anthropologie du développement, cet article analyse les dispositifs de développement participatif destinés aux populations autochtones dans le cadre de l’accompagnement de dynamiques de développement rural dans le Chiapas. Dans un contexte où la spécificité de la problématique autochtone renvoie à une conflictualité entre l’État mexicain et les populations, des dispositifs de « renforcement des capacités » sont mis en œuvre. L’accent est d’abord est mis sur l’usage de la participation comme moyen de renforcer la légitimité d’un État fortement contesté dans cet État fédéré. Ensuite, l’article met en évidence les processus par lesquels ces dispositifs participatifs nourrissent en fait des dynamiques de sélection et de renforcement d’une élite locale prompte à devenir les interlocuteurs de l’État et finalement des militants institutionnels. Dans un dernier temps, l’encadrement de la participation comme moyen de contrôler et d’éviter les registres contestataires du politique est exploré.
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Quinze ans après les premiers indicateurs de développement, face à la permanence des inégalités dans le monde et aux demandes croissantes de reconnaissance des spécificités sociales, politiques et culturelles, des « indicateurs avec... more
Quinze ans après les premiers indicateurs de développement, face à la permanence des inégalités dans le monde et aux demandes croissantes de reconnaissance des spécificités sociales, politiques et culturelles, des « indicateurs avec identité » concernant les peuples autochtones sont élaborés au Mexique. La production de ces indicateurs invite à interroger le processus de technicisation de l’action publique à travers le recours aux savoirs experts. L’objectif de cet article est d’explorer le recours aux savoirs experts comme mode de légitimation de l’action publique, contribuant à techniciser le problème autochtone. En tant que mode d’imposition d’une représentation, celui-ci écarte les registres de l’argumentation politique de la question autochtone.
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« On ne fait pas de politique ! » Cette revendication commune aux organisations internationales (OI) est au cœur du questionnement développé ici. L’analyse comparée entre le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le... more
« On ne fait pas de politique ! » Cette revendication commune aux organisations internationales (OI) est au cœur du questionnement développé ici. L’analyse comparée entre le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) permet, dans un premier temps, de s’interroger sur la dépolitisation, entendue ici comme une entreprise politique de technicisation produite par les OI, qui s’incarne dans des assemblages de pratiques volontairement présentées comme hors du politique : interprétation et problématisation techniques ; diffusion d’une vision apolitique du travail des OI ; intervention et assistance techniques qui positionnent les OI en experts « neutres » de leur champ. Elle conduit, dans un second temps, à mettre au jour les effets parfois inattendus de ces assemblages de pratiques hétérogènes : contournement des débats bureaucratiques et politiques ; neutralisation au profit du maintien d’un statu quo ; monopolisation d’un champ d’action, avec le soutien, au moins tacite, des États membres. Ce faisant, elle contribue à une meilleure compréhension de la perpétuelle tractation entre le politique et le technique au sein des OI.
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English below. Ce numéro de Cultures & Conflits part d’un constat simple : les multiples travaux – foisonnants sur les questions de migrations, de frontières, de réfugiés et de sécurité – qui se réclament d’une sociologie politique de... more
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Ce numéro de Cultures & Conflits part d’un constat simple : les multiples travaux – foisonnants sur les questions de migrations, de frontières, de réfugiés et de sécurité – qui se réclament d’une sociologie politique de l’international ou se reconnaissent dans ses postulats demeurent plus rares concernant les processus et les « objets » économiques, au sens restreint de ce qui est produit et circule dans la sphère économique mais aussi au sens très large avec lequel Max Weber les a définis. Ces sujets sont évidemment travaillés par l’économie politique internationale (EPI), même si celle-ci reste encore peu développée en France en raison de partages disciplinaires, entre les approches des économistes et celles des politistes et des sociologues. L’objectif de ce numéro est de déplacer le regard habituel porté sur les questionnements de l’EPI en les soumettant, de manière plus ou moins explicite selon les articles, à des méthodes et des questionnements qui traversent la sociologie politique de l’international.

This special issue of Cultures & Conflits departs from a simple observation: despite the multiple works that are framed as or situated in relation to the postulates of International Political Sociology (IPS)—most prolific on the topics of migration, borders, refugees, and security, there is little scholarship dealing with economic processes and “objects.” Here, our understanding of the economic includes that which is produced and circulates within the economic sphere as well as the broader sense of the term as defined by Max Weber. These themes evidently appear in International Political Economy (IPE) literature, even though such approaches remain relatively underdeveloped in France due to disciplinary divisions between economy on the one hand, and political science and sociology on the other. More or less explicit in each article, the objective of this special issue to shift the way that IPE topics are commonly regarded by subjecting them to methods and lines of inquiry that run through IPS.
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